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auteur : Jacqueline Wautier
titre : Du désir d'enfant au désir de soi? / L'homme à l'épreuve de la génétique et des technosciences
éditeur : Le Manuscrit
genre : Essai
format :
nbpages : 530
résumé : Essai de philosophie anthropologique et bioéthique.
Poursuivant l’analyse des liens et liances formant «humanité» , cet essai confronte des savoir-faire innovants à l’individu, celui-ci à ses latitudes et ces dernières à leurs points d’achoppement. Pluridisciplinaire, la tâche est également plurielle. En effet, l’évolution technologique recouvre développements processuels et pondérations factuelles, interférences contingentes et options décisionnelles. Ou encore, choix pragmatiques et soucis éthiques : où interviennent les singularités, interagissent les individualités, s’opposent les intérêts et se catalysent les opérativités.
Par suite, nous insisterons sur les différents changements de perspective: car les schèmes directeurs et les pulsions motrices glissent du désir d’enfant au projet de parentalité ; de la parenté généalogique au lien causatif et d’une pulsion peu ou prou narcissique à une propension prométhéenne. Mais également, de l’affect (d’investissement -par projections, transpositions, liances) à la rationalité . Ou encore, là où s’affrontent instinct égotiste et angoisse existentielle tandis que se répondent passions et compassions, de la continuité mi gamétique mi symbolique à la transmutation (thérapies germinales, méliorations géniques ou chromosomes artificiels).
Corrélativement, l’homme passe d’une insertion historique (mode relationnel) à une abstraction nomade procédant des ruptures multiples (mode monadique* ). Il se défait des doubles-nœuds référentiels pour se perdre dans l’explosion des références : le sujet nouveau se désolidarise de la communauté des semblables comme de son propre corps. En ce contexte, la transposition recouvre une dissipation : la communauté se fait phalanstère* et délaisse la maintenance spécielle, culturelle et anthropique pour initier la fin explosive de l’individu – allant donc de la chose pensante cartésienne à la subjectivité cybernétique des transhumanistes. Ou encore, de la conscience sensible (en sa matérialité situationnelle) au Pur Esprit (imprégnant le tout de la matière qu’il englobe) - de la condensation conscientielle (individuée) à la dispersion de conscience (dans le monde, la matière ou le réseau …).

Introduction :
Imprédictibles en leur devenir, tentaculaires et impétueuses en leurs élans, les nouvelles technologies fascinent ou affolent raison et imagination ; les conviant à d’autres envolées mais aussi à d’autres contractures. Au propre, les possibilités y associées sous-tendent un périple au cœur de la condition humaine : l’homme se laissant peu à peu emporter par le courant torrentueux qu’il produit – le cœur affolé par les écueils et l’esprit captivé par les promesses…
Il s’agit là d’un parcours sinueux recelant autant de gouffres abyssaux que d’îlots florissants. D’une aventure fabuleuse au fil d’une histoire construite telle une odyssée dépourvue d’assignation : entre une origine qui se livre et un futur qui échappe – ou s’échappera en embranchements multiples. Equipée collective donc, où l’homme doit maintenir le cap entre deux rives : celle de la déliance effrénée où se désagrègerait l’unité, se déliteraient les liens et s’altèreraient les émotions ; et celle du conservatisme frileux où se figerait l’aventure anthropique (se perdrait la pulsion qui fit se lever, et marcher, les premiers hominidés).




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2012-02-05

Enfant venu d’hier et du froid – d’un embryon conservé dans l’azote, au temps suspendu.
Enfant venu du rêve qui s’obstine, du désir qui insiste ou du corps qui résiste – d’un quotidien bouleversé, dans la douleur parfois, la contrainte toujours…
Enfant venu d’un inconnu : d’un ovule, d’un spermatozoïde ou d’un embryon surnuméraire offert…
Enfant sur-connu aussi, en son génome scruté, ses failles débusquées – pour le meilleur (contre la pathologie destructrice, contre le temps de vie dérobé, contre la mort : contre un cortège funèbre de souffrances et de douleurs) ou pour le pire (de fantasmes prométhéens, d’uniformité ou de spécificités optionnelles) ?
Enfant venu de la patience et de l’attente. De la science. De la vie qui fait la nique à la mort.
Enfant sorti du tombeau, ou presque – sperme conservé à cette fin (au moins porté par un désir de vie celui-là) ou, plus problématiquement encore, récolté post mortem, par électro-éjaculation.
Enfant, parfois, multi parentaux – su ce n’est multi-géniteurs…
Enfant miracle, enfant prothèse. Enfant de l’amour ou du narcissisme…
Cela dit, vouloir un enfant, c’est toujours et nécessairement le vouloir pour soi : dans les profondeurs de l’instinct, dans les pulsions de vie - d’Eros. Le vouloir donc contre l’anéantissement de soi, en projet existentiel, transgénérationnel et «contre-temporel» (ouvrant cependant le temps de l’avenir pour densifier le présent). Mais c’est également et le plus souvent, le vouloir pour l’autre : que l’on aime ; comme preuve, condensation, signe et incarnation de cet amour. C’est en outre, et c’est vital !, le vouloir pour lui – enfant, personne, singularité et liberté.

Trois composantes dirons-nous, qui varient en leurs intensités ou proportions respectives en fonction des vécus et des circonstances – des traits «personaux» (de la «persona»). Telle variation est propre à la condition humaine et au fonds affectif. Nonobstant, au-delà de valeurs ou proportions par ailleurs inobjectivables, la pathologie s’immisce ou s’installe : narcissisme exacerbé, pulsion génésiaque effrénée, tendance prométhéenne… En ces matières, qui sont matières humaines, qui sont «de chair et d’âme» -de pulsions, affects, sentiments/’sentimentalisations’ et projets-, la technique apporte des réponses… … la technique génère les problèmes. Ambiguïté des savoirs et pouvoirs, ambiguïté des êtres, ambiguïté des désirs Et de bien ou du mal. De la condition humaine et de ses conditions de possibilités qui sans doute tiennent aux liens multiples et aux réseaux divers : à la possibilité d’en créer, soutenir et investir. Tels liens et réseaux relèvent des généalogies et de leur histoire (réelle, construite ou reconstruite), tiennent des liens de chair, d’affects ou de vécus (partagés). Tiennent aux continuités diverses : familiales, généalogiques, communautaires, biographiques, existentielles, historiques, humaines (dans la communauté symbolico-organique d’un ensemble «vivant», pris en autoconstruction - par action, réaction, rétroaction).

A savoir ce qu’il en est de l’enfant…
Choisi ou survivant… Pour lui, pour soi, pour l’autre… Offert à une légitimité dans un «toujours déjà» inconditionnel qui l’inscrira dans sa réalité ou soumis à conditions (d’être, de ressemblance, de rôle ou de fonction..).
Au bout du compte, le risque fondamental des techniques nouvelles, complexes comme la fivete ou simple comme l’insémination (que la semence soit ou non post mortem), tient à un glissement allant du désir d’enfant au désir de «soi»… Mais un «soi» désinvesti ou investi en extériorité : manipulé ou préformé, soumis ou anesthésié, prothétisé ou transmuté. C’est là le «soi» des élans immobiles animant les scènes diverses de violences irraisonnées. Celui des solitudes désespérées noyant dans les masses fiévreuses la froideur de ses errances. Celui du sujet fragmenté se distançant crescendo d’un «moi» référentiel : aspirant à imprégner la matière compacte de l’univers ou à ingresser la chair vive d’autrui– par la voie d’insertions, assignations ou déterminations.

J. Wautier


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2011-12-12

Il n’est pas une semaine sans annonce enthousiaste étalée à la «Une». Il n’est pas un jour sans interrogation inquiète : au regard du pouvoir scientifique, de la liberté humaine et des choix citoyens. Pourtant, déjà, la médecine de demain pointe le bout de son nez – au fond des éprouvettes ou au cœur de la matière. Et elle s’appelle génétique, chirurgie reconstructive, cybernétique ou anthropotechnie. Elle propose le meilleur ou le pire – le meilleur et le pire sans doute : des souffrances évitées, des existences rendues à elles-mêmes, des vies allongées, des possibles démultipliés. Mais aussi, des ruptures, des pertes d’identités, des ségrégations et, peut-être, des bifurcations d’espèce(s) ?
Et la science et les techniques de nous promettre une vie plus longue, plus dense, plus belle. Et de nous dessiner un avenir radieux : de bien-être, d’égalité foncière (inscrite au cœur des génomes manipulés ou reprogrammés), de découvertes et de conquêtes (d’autres possibles, d’autres univers). Mais il y a les décrépitudes et les misères. Les guerres et les concurrences débridées…. Les catastrophes naturelles, les épidémies planétaires, les inégalités…. Pollutions, disettes, famines. Et extinction des espèces, raréfaction des énergies fossiles, diminution de la fécondité masculine…. Surtout, il y a un désamour de la condition humaine poussant à l’édification d’un monde sans nœud référentiel d’identité : sans corps propre, avec un ‘Je’ volontaire et volitif en lieu et place d’un ’Moi’ charnel et relationnel.
'Du désir d'enfant au désir de soi'? Certes, mais un 'soi' à incarnations mouvantes et transitoires... Un solitaire en manque de tout...
Alors, techno-enthousiastes et techno-sceptiques, mais aussi technophiles et technophobes, s’affrontent…. Où se situer ? Où mettre des limites – s’il faut en mettre ?

J. Wautier

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