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auteur : Jeanne Bresciani
titre : Neuf petites pièces
éditeur : Portaparole
genre : RĂ©cit
format :
nbpages : 228
résumé : « LÂ’Ă©chappĂ©e belle » Ă  propos du livre « Neuf petites pièces » de Jeanne Bresciani Le style de notre langage se forge dans le mythe familial. CÂ’est au cÂśur des images laissĂ©es par des circuits de la mĂ©moire et des paroles prononcĂ©es par les ĂŞtres proches sur lesquels se cristallisent nos affects les plus aigus, que notre identitĂ© se constitue, dĂ©ployant Ă  son tour fantasmes, dĂ©sirs et Ă©nonciation. La narratrice de cette fiction a eu lÂ’audace dÂ’affronter carrĂ©ment la maison familiale, ses objets, ses photos, ses draperies, ses meubles, ses fĂ©tiches, dÂ’ouvrir porte après porte les neuf petites pièces au risque dÂ’y ĂŞtre absorbĂ©e. CÂ’est un acte courageux qui trahit cependant lÂ’expression dÂ’une angoisse, celle dÂ’en apprendre trop sur les conflits et les douleurs Ă  lÂ’Âśuvre, mais aussi celle de dĂ©couvrir - ou pas - sa propre place Ă  partir de laquelle peut surgir un avenir pour soi. Et lequel ? « Tant quÂ’il nÂ’est pas lÂ’heure on ne naĂ®t ni ne meurt »… Est-il Ă©dictĂ© dans la cuisine. Dans cette cuisine il est difficile de manger mais il y a lÂ’Âśuf de lÂ’Ascension et les Âśufs magiques de la terrible mammoÂ’, la force des quatre Ă©lĂ©ments et le nombre dÂ’or. CÂ’est dans la cuisine que Lucie, cousine de la narratrice, « retirĂ©e en elle-mĂŞme » mastique et manipule en imagination allusions, Ă©nigmes et proverbes, des mots quoi ! Nous y voilĂ , au cÂśur des mots, au cÂśur du dĂ©sir inconscient de SĂ©rena, la narratrice : produire du langage. CÂ’est dans la chambre des parents que se dĂ©clenche la pensĂ©e chez Serena : « le miroir rĂ©flĂ©chit la lumière naturelle comme un blanc salutaire dans la pensĂ©e » Ă©crit-elle. Ce pourrait ĂŞtre le blanc dÂ’un trauma mais aussi celui dÂ’une page blanche sur laquelle Ă©crireÂ… Au lieu de se pencher sur les Ă©vocations nĂ©cessairement traumatisantes, faites de silences, dÂ’effrois et de voluptĂ©, Serena opte pour une traduction, celle de lÂ’invisible. CÂ’est dans cette chambre que la narratrice prend sa dĂ©cision : avancer pas Ă  pas au cÂśur de ce retour dans la maison familiale. Forte de lÂ’expĂ©rience de Lucie : « Nous venons de plus loin que cette vie », son courage est immense dès lÂ’entrĂ©e car, enfant, elle a perdu sa chaussure rouge dans un ravin de montagne et sa mère, qui a bien tentĂ© de la rĂ©cupĂ©rer « nÂ’est jamais remontĂ©e du prĂ©cipice ». Si la narratrice, au lieu de transgresser les images par de lÂ’Ă©crit, sÂ’en Ă©tait tenue Ă  leur reflet, le risque de nostalgie eĂ»t Ă©tĂ© patent. Il nÂ’en est rien car le regard de Giuseppina, lÂ’arrière grand-mère, est vivant, bienveillant. Mine de rien, le socle parental tient et transmet de la grâce, du mouvement, du rĂ©confort invisible. Tout est histoire, chaque petite pièce en recèle des traces et Serena, tel le petit poucet la dĂ©couvre par bribes, ici derrière un ruban, lĂ  sous la forme dÂ’une bague. DÂ’ailleurs dans le cagibi se cache la vieille Remington dÂ’Adèle, la grand-tante. Et cÂ’est dans la chambre de cette dernière que se pose la question de fond : « Faire de la maison un livre » ? PortĂ©e par ses mots, Serena avance jusquÂ’au salon rouge, lieu de rĂ©demption, sÂ’il en fut, dÂ’abord celui de Luigi, lÂ’arrière grand-père, puis le sien probablement, Ă  moins quÂ’il ne se prĂ©sente, hors les murs, dans le jardin familial, primitif, qui constitue un Ă©den Ă  sa mesure. Toujours est-il que dans lÂ’Âśuvre de Jeanne Bresciani, cÂ’est « le style qui nous donne la mesure du rĂ©el » : « Aucune Ă©preuve ne pourra plus me consumer si jÂ’arrive Ă  la considĂ©rer comme une expĂ©rience nĂ©cessaire et si lÂ’Ă©ternitĂ© dÂ’une flamme envahit lÂ’instant » par Andrès Jeanne Bresciani : Neuf petites pièces. Editions portaparole. 228 P. 18 euros
http://www.portaparole.com

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