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L’Imposteur - François Marchand
Parti pris et grosses ficelles ?
dimanche 16 mai 2010, par Lascavia Bienvenue dans Adobe GoLive 6


L’IMPOSTEUR – François MARCHAND Ed. Le Cherche Midi, 2009

Résumé « Témoin d’un assassinat, le narrateur usurpe l’identité de la victime et s’octroie le poste qu’elle devait occuper : directeur des relations professionnelles au sein du ministère du Travail. Imposteur de génie, il devient vite escroc, en profitant de l’absurdité des rouages bureaucratiques. Il fait de la corruption l’un des beaux-arts ».

Selon la quatrième de couverture, l’auteur a passé une quinzaine d’années au sein d’une administration centrale, ce qui lui a permis d’observer de près le fonctionnement de l’Etat. J’ai souri à cette étonnante réduction : l’Etat est fort heureusement une entité beaucoup plus vaste, et on l’espère plus efficace et moins crédule que le seul ministère qui sert de théâtre à l’histoire narrée dans ce premier roman. Ce qu’on ne nous dit pas, c’est quelle place occupait l’auteur dans cette « administration centrale » pour l’avoir ainsi « observée ». Quel était son grade et ses fonctions, pour utiliser le vocable spécifique aux fonctionnaires. Je chipote…oui, c’est vrai, mais la réponse n’est pas sans conséquence. La piètre image que l’auteur livre des ministères et de ses personnels, tous ou à peu près incompétents et/ou corrompus n’est pas sans faire songer à une forme de règlement de comptes par roman interposé. Celui d’un subalterne frustré assoiffé de vengeance ? Ou celui d’un haut fonctionnaire qui, pour des raisons connues de lui seul, « cracherait dans la soupe où il aurait pu lui-même plonger sa cuillère » ? On ne le saura pas...

L’histoire est assez simple. Un individu lambda se substitue à un grand commis de l’Etat, Charles Legrandin, assassiné par sa femme. Ce dernier devait prendre ses fonctions de Directeur dans un ministère où personne ne le connaît puisqu’il a passé de nombreuses années en mission, détaché à l’étranger. L’imposteur qui ne connaît rien au système dans lequel il est plongé s’adapte pourtant instantanément aux us et coutumes de l’administration et les détourne pour se remplir les poches. Chantages opérés sur les chefs de service, manipulation des employés, corruption des chefs d’entreprises, des syndicalistes,…tout fonctionne. Bien, très bien…Beaucoup trop bien, à mon avis. « Humour noir, roman hilarant », toujours selon la quatrième de couverture. Je dirais plutôt roman cynique où les clichés pullulent au point d’atteindre le plus haut degré de la caricature. Par ailleurs, même si l’on sait qu’un roman reste une fiction, celui-ci manque de crédibilité à bien d’autres égards : les circonstances dans lesquelles l’imposteur se substitue au futur directeur, la place qu’il occupera auprès de la veuve, l’incroyable facilité avec laquelle il manipule tout son entourage, la crédulité de la police… sont très loin d’être convaincantes… Sans parler de l’épilogue visiblement traité à la va-vite, où l’histoire bascule beaucoup trop tard et faute de mieux sans doute, dans la marmite de l’espionnage. La fin d’un roman, ne justifie pas tous les moyens … Pourtant, je ne regrette pas ma lecture. Curieuse, j’ai voulu voir jusqu’où l’auteur pouvait aller dans l’excès et comment il sortirait de cette histoire abracadabrante. Les péripéties bien enchaînées et l’écriture vive m’ont permis d’aller jusqu’au bout. Un peu moins de clichés, un peu plus de cohérence dans les comportements des personnages et les évènements, une sortie mieux travaillée auraient sans doute donné à ce premier roman l’envergure qui, selon moi, lui fait légèrement défaut.

JMP- 14/05/2010 / www.lascavia.com

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